Définie simplement comme le nombre de décès au cours d'une période de temps. Cette définition rappelle celle de l'incidence (dans la mesure où il est inutile de parler de nouveaux cas de décès ). La mortalité partage avec l'incidence l'instantanéité de l'événement et doit donc à son tour être estimée sur une période de temps et selon les hypothèses de stabilité de l'événement et d'homogénéité de la population face au risque (recours aux taux spécifiques).
Encore appelé taux général de mortalité. Sa définition est celle du taux d'incidence avec l'événement "mort". C'est le rapport du nombre d de décès survenues pendant la période considérée sur l'effectif n de la population à risque de décès pendant cette même période.
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Remarques :
- Comme tout taux, le taux de mortalité est inévitablement lié à la durée de la période sur laquelle il a été mesuré et peut varier de 0 à l'infini. En pratique les calculs sont faits en personne-année et l'on obtient des taux annuels.
- Toutes les remarques qui ont été faites sur le calcul du dénominateur du taux d'incidence sont bien entendu applicables ici.
- S'il est clair que toute personne vivante est une personne à risque de mort, il faut accorder une attention toute particulière aux notions de stabilité et d'homogénéité prédéfinies. Il n'est pas convenable de mesurer un taux de mortalité annuel sur une population qui a connu la guerre pendant 6 mois car la dispersion des taux instantanés serait énorme. De même, pour garantir une interprétation de l'indicateur, on est amené à définir des taux spécifiques.
Ils sont spécifiques soit de la population à risque ( taux spécifique par âge, par sexe...) soit d'un type particulier de mortalité (par cancer, par accident...) soit des deux (taux de mortalité masculine par cancer du poumon...).
Exemples :
1) taux brut de mortalité sexe-spécifique
Etablissons deux populations à risque en fonction du sexe. Le tableau 5 donne l'évolution du taux annuel de mortalité spécifique par sexe en France entre 1982 et 1987 exprimé pour 1 000. L'événement est rare au regard de la taille de la population et on calcule ce taux par :
nombre de décès dans l'année chez les femmes
Taux annuel de mortalité chez les femmes = ¾¾¾¾¾¾¾¾¾¾¾¾¾¾¾¾¾¾¾¾
effectif moyen des femmes dans l'année
Le principe du calcul du taux chez les hommes est identique à celui utilisé pour les femmes.
Tableau 4 : Taux annuel de mortalité selon le sexe entre 1982 et 1987 en France (pour 10.000)
|
1982 |
1985 |
1986 |
1987 |
|
Hommes |
13.7 |
13.4 |
13 |
12.3 |
|
Femmes |
7.8 |
7.5 |
7.3 |
6.8 |
2) taux brut de mortalité cause-spécifique
Etablissons 5 types particuliers de mortalité en fonction de la cause. Le tableau ci-dessous donne le taux annuel en France en 1985 de mortalité par cause exprimé pour 10 000. L'événement est rare et la population grande. Ce taux de mortalité par cause (TMC) évalué sur une période donnée c'est le rapport du nombre d de décès liés à cette cause sur l'effectif n de la population à risque pendant la période considérée (un mois, un an, ...).
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Tableau 5 : Taux annuel de mortalité par 5 grandes causes en 1985 (pour 10.000)
|
Cardio-vasculaire |
36.6 |
|
Tumeurs |
24.6 |
|
Traumatismes |
9 |
|
Appareil respiratoire |
6.5 |
|
Appareil digestif |
5.7 |
3) taux brut de mortalité sexe et cause-spécifique
Regroupons les deux exemples précédents. Le tableau ci-dessous donne le taux annuel de mortalité par cause et par sexe pour les femmes.
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Un calcul analogue peut être fait pour les autres causes de mortalité. Chez les hommes on procède de la même manière.
Tableau 6 : Taux annuel de mortalité pour 5 grandes causes, selon le sexe (pour 10.000)
|
Causes |
Hommes |
Femmes |
|
Appareil cardio-vasculaires |
45.8 |
29.5 |
|
Tumeurs |
36.7 |
16.3 |
|
Traumastimes |
12.2 |
6 |
|
Appareil respiratoire |
10 |
4.4 |
|
Appareil digestif |
7.7 |
4.1 |
La part de mortalité due à une cause (PMC) : ce terme est parfois rencontré dans la littérature. Il s'agit du rapport entre le taux de mortalité spécifique à une cause et le taux brut de mortalité. Bien entendu il est indispensable que les taux aient été calculés sur la même période.
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Cela revient au rapport du nombre de décès liés à cette cause sur le nombre de décès comptabilisé pendant la même période.
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où dc est le nombre de décès enregistré sur la période considérée et d le nombre total de décès sur la même période.
4) Taux de mortalité par cause au cours du diabète de type I
La mortalité cumulée pour 3 grandes causes au cours du diabète de type I est présentée sur la figure 7. La mortalité cumulée par insuffisance coronarienne est de 25 % entre 30 et 55 ans. Pour comparaison, dans une population témoin, la mortalité cumulée par insuffisance coronarienne à l'âge de 55 ans était de 8 % pour les hommes et de 4 % pour les femmes.
La mortalité cumulée pour l'insuffisance rénale entre 25 et 55 ans est de 18 %. On note que chez le diabétique de type I la mortalité cumulée de l'insuffisance coronarienne et de l'insuffisance rénale à 55 ans est voisine de 45 % et représente ¾ de l'incidence de mortalité cumulée totale.
Figure 7 : Mortalité cumulée par causes au cours du diabète de type I
Il est appelé également, taux de mortalité spécifique par âge. Il s'agit de comptabiliser le nombre de décès survenus dans un sous-groupe de la population d'âge fixé et de le rapporter à l'effectif de ce sous-groupe.
Dans le cas de la mortalité périnatale, on comptabilise le nombre de décès survenus pendant la période périnatale qui s'étend depuis la 22ème semaine de grossesse jusqu'au 8ème jour révolu de la vie extra utérine que le nouveau né soit à terme ou prématuré. On peut également définir la mortalité néonatale qui concerne la période néonatale. Les différentes périodes en natologie sont illustrées par la figure 3. Les quotients de mortalité relatifs à ces périodes natales sont présentés pour la cas de la France dans le Tableau 8.
Figure 8 : Périodes natales et quotients de mortalité

Deux autres quotients de mortalité importants sont la mortalité infantile et la mortalité juvéno-infantile; ils concernent respectivement les décès comptabilisés pour les moins d'un an et pour les moins de cinq ans. Ces deux derniers quotients de mortalité sont considérés comme d'importants indicateurs de l'état de santé d'une population. En effet, encore élevés dans les pays en voie de développement, ces deux taux ont connu depuis plusieurs décennies, une baisse importante dans les pays industrialisés (tableaux 7 et 8).
Tableau 7 : Mortalité en France pour les différentes périodes natales
|
Années |
Total
des naissances |
Mortalité périnatale* |
Mortalité néonatale** |
Mortinatalité* |
|
1981 |
|
12.3 |
5.5 |
8.2 |
* taux pour 1 000 naissances totales
** taux pour 1 000 naissances vivantes
Tableau 8 : Indicateurs de base de quelques pays
|
PAYS |
Taux
de mortalité des moins de 5 ans |
Taux
de mortalité des moins d'1 an |
||
|
1960 |
1990 |
1960 |
1990 |
|
Mozambique |
331 |
297 |
190 |
173 |
|
Afghanistan |
381 |
292 |
215 |
167 |
|
Tchad |
325 |
216 |
195 |
127 |
|
Brésil |
159 |
83 |
116 |
60 |
|
Argentine |
75 |
35 |
61 |
31 |
|
Roumanie |
82 |
34 |
69 |
27 |
|
URSS |
53 |
31 |
38 |
23 |
|
Yougoslavie |
113 |
23 |
92 |
20 |
|
Etats-Unis d'Amérique |
29 |
11 |
26 |
9 |
|
Australie |
24 |
10 |
21 |
8 |
|
France |
34 |
9 |
29 |
8 |
|
Canada |
33 |
9 |
28 |
7 |
|
Pays-Bas |
21 |
9 |
18 |
7 |
|
Suède |
20 |
7 |
16 |
6 |
|
Japon |
39 |
6 |
31 |
5 |
Enfin, d'une manière plus générale, le quotient de mortalité permet d'évaluer la mortalité dans une tranche d'âge donné. Le calcul des quotients de mortalité des différentes tranches d'âge successives d'une population permet de réaliser la table de mortalité.
C'est un modèle démographique ou actuariel de la mortalité d'une population qui permet d'estimer les longévités. Pour construire une telle table, on pose l'hypothèse d'une cohorte fictive de 100000 individus nés au même moment et ayant les mêmes taux de mortalité par âge que la population entière pour une période déterminée.
A partir de la population de recensement par tranche d'âge au milieu de la période étudiée, on calcule :
- le taux de mortalité par intervalle d'âge. C'est la proportion des individus de la cohorte qui sont vivants au début d'un intervalle d'âge, et qui seront décédés avant la fin de cet intervalle.
- le nombre de survivants par intervalle âge. C'est le nombre de personnes de la cohorte qui survivront jusqu'à l'âge t.
- le nombre de décès par intervalle d'âge. C'est le nombre de personnes de la cohorte, qui sont vivants à l'âge t et qui décéderont avant t+1.
En définitive, la table de mortalité représente l'évolution de la mortalité dans une cohorte fictive de 100.000 individus du même âge qui auraient été suivis depuis leur naissance jusqu'au décès du dernier d'entre eux. Cette table de mortalité ainsi construite, permet de calculer un indicateur important de la santé d'une population : l'Espérance de vie (cf. infra).